Comment combiner les flux vidéo des internautes grâce à une régie dématérialisée

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Les vidéos sur les réseaux sociaux sont de plus en plus utilisées par les influenceurs et les marques tant et si bien qu’elles supplantent pour la première fois le format écrit. La puissance des mobiles et la qualité de leur caméra intégrée permet dorénavant d’enregistrer puis de diffuser des images d’une qualité proche des critères professionnels. D’autre part, la force du direct garde un fort impact sur les supports traditionnels comme la télévision. Il manque cependant un lien entre le direct et tous ces vidéastes amateurs sur Internet. Difficultés techniques, qualité des prises de vue aléatoires, risque d’abus sont autant de questions laissées encore sans réponse accessible qui freinent les initiatives. Cependant, un nouvel adhérent à l’Observatoire COM MEDIA, la start-up Sidemash relève le défi en proposant une régie vidéo qui se veut accessible et professionnelle. Rencontre avec Francis Nahm, un des deux co-fondateurs qui nous trace les principaux enjeux de cette technologie et des éléments de leur propre réflexion.

Comment mettre en place le live streaming collaboratif en 2018 ?
La diffusion grand public de vidéos en temps réel a démarré en 2015 avec Periscope, une application logicielle pour appareils mobiles fonctionnant sous le système d’exploitation iOS et Android. Elle est rejointe après par Facebook Live. Il suffisait d’un téléphone portable pour diffuser une vidéo visible par le monde entier. Ce qui parut incroyable avec ce nouveau support de communiquer fut son immédiateté rendue possible par l’absence d’intermédiaire et de filtre entre celui qui diffusait sa vidéo et ceux qui la visionnaient, et sa facilité car il ne demandait qu’un mobile et une connexion Internet pour la diffusion et le visionnage. Bien qu’il fut un pionner, Periscope qui appartient à Twitter est aujourd’hui est de moins en moins utilisé au profit de Facebook Live devenu aujourd’hui le leader à incontesté du secteur mais qui n’arrive toujours pas à populariser ce service auprès de ses 2 milliards d’utilisateurs sur Facebook. La vidéo en direct n’est toujours pas un vecteur très utilisé pour diffuser des informations sur les plates-formes.

Quelles en sont les raisons ? Est-ce de la frilosité ? La crainte de l’incident en direct ?
Beaucoup d’acteurs notamment des marques et des grandes entreprises ont compris l’intérêt de ce que pouvait apporter le direct mais c’est encore au niveau de l’utilisation concrète du service tel qu’il est proposé aujourd’hui qu’il existe encore des limites à sa généralisation. Les raisons de ce manque d’engouement sont multiples mais deux sortent du lot.

Premièrement, il manque des outils de montage vidéo en direct avec des options réservées aux professionnels qui soient accessibles au plus grand nombre.  Deuxième raison, si n’importe qui peut diffuser une vidéo sur son téléphone portable,  par manque de pratique et de compétence, elle sera sans doute mal cadre et prise sous un plan unique. Obligé de tenir son mobile durant de longues minutes, le « vidéostreamer » ne pourra pas profiter de l’évènement auquel il assiste.

La création de contenu et le plaisir qu’on en retire est principalement limitée par l’absence d’outils pratiques et accessibles tant en termes de coût que d’utilisation.  Nous sommes convaincus à Sidemash qu’en proposant une alternative bon marché, nous participerons à favoriser la création de contenus et à en augmenter l’impact permettant à ce format d’atteindre une audience jusqu’ici inédite. Notre réponse est notre plate-forme de régie vidéo intelligente. Elle permet d’agréger en temps réel des centaines de livestreams d’un évènement, d’éditer en changeant de plan et en appliquant des effets d’édition en temps réel, enfin de diffuser sa réalisation en direct sur n’importe quel site web. L’utilisateur de la régie devient ainsi un « réalisateur ».

Que peuvent attendre les professionnels de la communication de ce format ?
L’un des énormes atouts de ce format consiste dans l’immédiateté qu’il apporte et la large audience qu’il permet d’atteindre. Les professionnels de la communication peuvent ainsi faire appel aux  participants d’un événement pour générer du contenu. Ils peuvent ainsi les pousser à une création collaborative, à charge pour les organisateurs de motiver cette participation. Chaque participant génère du contenu sous son propre angle et leur grand nombre multiplie les chances de capter la bonne séquence au bon moment. On réduit aussi le coût de la captation en transformant chaque participant potentiel en un caméraman volontaire après avoir téléchargé l’application. Ce dispositif participatif pourra être complété avec des caméras professionnelles, l’ensemble des contenus recueillis alimente le stream de l’événement.
Parmi les options, celle qui consiste pour le diffuseur à instaurer un direct différé. Il lui est possible via l’application de décider du délai entre l’image et qui est captée et sa diffusion, lui permettant de bloquer une vidéo qui ne correspond pas aux critères souhaités.

Evidemment, l’opérateur doit disposer d’un poste de visionnage mais un simple ordinateur connecté à Internet fait l’affaire. Il dispose alors de deux modes de montage : manuel ou automatique. Pour le premier, il appartient à un opérateur humain de sélectionner les plans et de les monter comme un réalisateur mais cette opération peut être totalement automatisée grâce à un modèle d’intelligence artificielle capable de trier des plans pertinents de ceux qui pas sont pas dignes d’intérêt.

Nous avons fait le choix de technologie qui puisse répondre véritablement à nos besoins plutôt que de subir un effet de mode. Nous nous focalisons plus particulièrement sur les technologies de reconnaissance d’image associées à du deep learning qui fournit aujourd’hui les meilleures performances. Notre logiciel est capable ainsi d’analyser des vidéos en temps réel et d’estimer si une courte séquence est utilisable.
Lorsqu’il y a plusieurs vidéos, l’intelligence artificielle est capable de classer les séquences selon leur intérêt et choisir la meilleure vidéo en fonction des critères qui lui ont été implémentés.

Un organisateur est-il capable de tirer des données sur une événementiel (temps mort temps fort par exemple) ?
Ces analyses font partie des fonctionnalités que nous proposerons à l’avenir et que nous allons implémenter. Nous nous sommes concentrés d’abord sur le service en lui-même et sur les fonctionnalités de la régie. La prochaine étape consiste à aller plus loin sur la captation, la classification et l’analyse des données afin qu’il soit possible à chaque seconde en temps réel d’indexer toutes les métadonnées au cours d’un événement (nombre de personnes participant dans le flux des interactions ou les différents éléments apparaissant dans les plans).
Bien entendu, des règles de bonne conduite sont à souhaiter et il demeure un travail en amont à effectuer pour sensibiliser les utilisateurs et développeurs de plates-formes de contenu.

Mais il ne faut pas effrayer non plus les créateurs de contenu tant ils sont rares.

Il y a beaucoup plus d’utilisateurs qui consomment du contenu que ceux qui en créent. Ainsi, les personnes qui visionnent les vidéos sont beaucoup plus nombreuses que ceux qui les produisent. C’est la loi du 9/90/1 %. 1% crée du contenu 9 %  interagissent 90 % se contentent de consommer.

Du côté des technologies, les appareils photos, les mobiles en général évoluent très rapidement mais en matière de diffusion directe, c’est la qualité du réseau qui prime.

Si notre système apporte une bien meilleure qualité au niveau des plans des vidéos diffusées, la 5G permettra d’utiliser tout le potentiel des appareils Full HD. En attendant la 5G, les annonces récentes des quatre opérateurs nous incitent à l’optimisme quant à une couverture totale en 4G du territoire national. C’est l’association d’un très haut débit régulier et d’une couverture complète qui permet d’assurer une diffusion de vidéos de qualité optimale.

Qui sont vos clients dans la filière communication les plus à même d’utiliser votre technologie ?
Nous travaillons aujourd’hui avec des agences d’événementiel qui disposent d’une structure interne pour produire leur vidéo en utilisant notre outil. Nous comptons en 2018 couvrir les événements qui nous donneront les références clé afin de proposer notre outil à un panel plus large d’entreprises. Notre adhésion à l’Observatoire COM MEDIA va dans ce sens et nous permet de rentrer en contact avec un écosystème d’entreprises de la filière de la communication en recherche d’une innovation comme la nôtre et souhaitant en savoir plus sur ce nouveau format.

Présentation de Sidemash


Sidemash est un éditeur de logiciels spécialisés dans le live streaming mobile qui propose une régie vidéo dématérialisée et intelligente. Francis Nahm a créé cette entreprise en 2014 en tant que CEO, avec son associé Serge Nguetta qui en est le CTO avec le soutien de l’Ecole Polytechnique. La start-up est d’ailleurs hébergée par l’Accélérateur de l’Ecole Polytechnique X-UP. Francis Nahm a une double casquette : Ingénieur en télécoms de l’INSA Lyon et titulaire d’un Master en Economie Numérique à l’Ecole Polytechnique  et son associé est diplômé en Ingénierie informatique à Polytech Paris Sud. Ils développent la solution commerciale Linkstream. Cette solution collaborative est la première régie vidéo entièrement virtualisée dans le Cloud. Elle permet de réaliser des diffusions multisources en combinant les flux vidéos de centaines de personnes durant un évènement par exemple mais également de réaliser un montage automatique et diffuser cette vidéo en temps réel sur n’importe quelle plate-forme Web.

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