Tendances économiques et conjoncturelles de la filière graphique

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Dans un contexte économique difficile et face à une filière graphique largement éprouvé par un environnement conjoncturel et structurel en mutation, le monde de l’imprimerie n’a pas été épargné. Nous notons sur ce secteur d’activité, une croissance du nombre de défaillances s’établissant à plus de 900  en 2013 et un chiffre d’affaires en recul de 2% sur la même période.

A ce titre l’Observatoire COM MEDIA, publiera dans les toutes prochaines semaines, l’actualisation de son étude économique et financière sur l’économie de la communication globale (18 secteurs d’activités analysés).

Nous tenions à saluer la vision apportée par Jean-Paul Maury, l’un des leaders de l’imprimerie en France sur une vision pragmatique et lucide sur ce secteur d’activité, dans le magazine de l’imprimerie Graphline

Jean-Paul MauryGraphiLine a demandé à Jean-Paul Maury, PDG du groupe Maury, l’un des leaders de l’imprimerie offset en France et en Europe, comment il voyait le support papier dans les années à venir…

 « Il y a toujours des informations comme quoi personne n’aime le papier, que lepapier ça gène que c’est un déchet (alors que le papier se recycle sept fois), stop au papier, tout le monde est anti-papier…

Mais quand on veut avoir des textes qui seront encore regardables et lisibles dans les dix, vingt, cent prochaines années, c’est encore sur le papier que ça sera encore le plus facile à retrouver. Le papier n’est pas mort, loin de là !

Il y a, bien sûr, une concurrence avec tout ce qui est le digital, le numérique, pour le livre avec les liseuses.

C’est sûr, c’est un concurrent, mais il y a toujours eu des concurrents au papier : la radio, la TV… Tous ces nouveaux médias à l’époque n’ont pas tué lepapier, bien au contraire : ils ont même aidé à le développer.

Les Apple, les Amazon avec leurs smartphones, leurs tablettes, nous tirent dessus pour vendre leur outil. Mais on s’est aperçu qu’il y avait eu une demande très forte et que maintenant ça stagne : l’objet tout nouveau, tout beau, on en veut… Mais finalement, le papier, c’est pas si mal que ça.

Il y a des gens qui veulent lire sur des liseuses. Et il y en a beaucoup qui ne veulent pas lire sur des lieuses. Le papier continuera sa voie.

Pour l’instant, en France, le livre numérique représente à peu près 4 % du marché de l’édition. Tout le restant est fait en papier. On est loin de connaître une bérézina totale dans le papier.

Dans 10 ans, il y aura peut-être 15 %. Mais il y aura toujours du papier.

Le papier va devenir de plus en plus beau, de plus en plus graphique. Tout le monde fera des efforts pour que ce soit plus attrayant. L’idée, elle est là. »

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