Matérialiser l’innovation au cœur des entreprises

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Philippe Berna, délégué innovation auprès du médiateur national inter-entreprises, a souhaité faire un court rappel sur les solutions innovantes qui intéressent les entreprises. À cette fin, il apporte rapidement quelques éléments de réponse aux problématiques de financement, de communication et de mises en œuvre contractuelles dans la création d’une solution innovante.

Trois étapes pour une solution innovation effective

Le déploiement de solutions innovantes au sein d’une entreprise se déroule en trois étapes.

Le démonstrateur est la première étape. De manière très concrète, il permet de se faire une idée de la pertinence d’une solution innovante qui peut se présenter sous la forme d’une idée, d’un projet ou d’un concept.

La seconde étape s’appelle le prototypage. Il détermine si une solution innovante peut être industrialisée et déployée. Si tel est le cas, il faut comprendre quelles en sont les conditions. Elles peuvent être du ressort de la structure, des ressources ou même de ce qu’on pourrait appeler la transformation des organisations. Il faudra alors répondre à des questions telles que « Les collaborateurs vont-ils être en mesure d’accepter l’évolution ? », « À quel prix ? » ou encore « Comment former les collaborateurs à cette solution ? ».

Enfin, la dernière étape, cruciale, est le déploiement de la solution innovante en question. En d’autres mots, c’est sa mise en œuvre globale, puis son maintien et pour finir, son évolution.

Réunir les conditions de la réussite

Il est nécessaire de porter une attention toute particulière aux modalités de mise en application de chaque étape. En effet, pour chacune, il ne faut pas oublier de constituer un contrat spécifique et adapté liant les deux parties et en cohérence avec les objectifs fixés.

D’une part, les modalités de financement doivent être définies. Elles peuvent se concrétiser par un contrat notamment, mais aussi s’appuyer sur du financement public au travers de mécanismes du type crédit d’impôt recherche ou encore crédit d’impôt innovation.
D’autre part, chaque étape doit être encadrée par un programme de communication et d’accompagnement efficace et adapté à chaque solution innovante.
Ces éléments sont fondamentaux à la réussite d’une telle entreprise. Si le contrat, le financement ou la communication n’est pas adapté, il y a de fortes probabilités qu’une des étapes, voire les trois, échouent.

Il est important de bien comprendre et appréhender les différences entre l’étape du démonstrateur, du prototypage et celle du déploiement. Elles concernent notamment leur durée et les obligations liées à la propriété intellectuelle qui vont croissantes. Quant aux modalités de validation, elles ne reposent tout simplement pas sur la même base. Si l’on peut accepter qu’une solution conduise à un échec durant la phase de démonstration, il est impossible de le constater durant le déploiement à grande échelle ! Enfin, il est nécessaire que chacune des parties mobilise les ressources financières, humaines et techniques nécessaires à la conduite de chaque étape. Cela exige une réflexion en amont qui fasse l’objet d’une concertation entre les différentes parties.

L’importance d’un équilibre des bonnes pratiques

Un dernier élément reste à être mentionné pour qu’une entreprise puisse mettre toutes les chances de son côté au moment d’envisager une solution innovante : la mise en œuvre de bonnes pratiques équilibrées. On y retrouve des valeurs partagées par les deux parties. L’innovation implique : rapidité d’action, clarté des objectifs et capacité de dialogue entre les parties pour que la confiance s’instaure entre les parties.

Pour conclure, les trois éléments principaux du déploiement réussi d’une solution innovante sont une méthodologie en trois temps, la maxime « rapidité, simplicité, bienveillance » et des bonnes pratiques équilibrées.

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