Financement, les clés de la réussite – Un parcours au service des objectifs des entreprises innovantes

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Retour sur les Chemins de l’innovation #3 du 17 mai dernier à l’ESCP Europe
Quelles opportunités et difficultés un entrepreneur peut-il rencontre dans sa recherche de financement ?

Chaque parcours est unique et il n’existe pas de modèle idéal et reproductible. Selon la nature de son offre, ses cibles et ses ambitions, il sera amené à choisir dans une palette complète, et complexe, de financements publics et privés. Il devra convaincre, opter pour des solutions à court terme tout en préparant ses prochaines phases de développement.

Tout l’enjeu d’un financement réussi pour une entreprise est de garder son ADN et de développer son modèle économique tout en s’adaptant aux remarques et demandes des investisseurs. Ce numéro d’équilibriste, l’entrepreneur devra le jouer à chaque étape clé de développement de sa société mais il existe quelques conseils pour optimiser les chances de réussite notamment en multipliant les dispositifs à solliciter.

Solliciter un financement public ou privé demande de réunir des conditions spécifiques et de s’y préparer comme on passe un concours ou un examen. Il s’agit avant tout de convaincre qu’on est certainement un « bon placement ». C’est à cette condition seulement qu’un entrepreneur en recherche de financement pourra présenter son dossier aux financeurs potentiels.

Le financement public, une nébuleuse d’offres

L’obtention des aides publiques exige d’abord d’avoir préparé son dossier car la demande auprès des organismes financeurs dépasse de loin l’offre. Par conséquent, les conditions d’attribution sont souvent très sélectives. Les sources de financement publiques coexistent aux niveaux national, régional, départemental et municipal. Avec plus de 6 000 dispositifs d’aides aux entreprises en France, il convient de présenter un dossier adapté à chaque organisme. Parfois, ces aides devront être sollicitées dans un ordre bien précis et certaines seront interdépendantes. Lorsqu’il s’agit d’amorcer son activité avec une trésorerie faible, il convient tout d’abord de se concentrer sur les subventions ne nécessitant pas aucun remboursement. BPIfrance avec son aide à l’innovation, l’aide à la maturation de projets innovants (AIMA) ou encore le Programme d’investissements d’avenir (PIA) sont quelques-unes des aides d’amorçage destinées aux entreprises innovantes. Le concours national de l’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes organisé conjointement par la BPI et le ministère de la Recherche offre aux lauréats (175 sur 900 participants) jusqu’à 450k€. Parmi les autres interlocuteurs susceptibles de financer des projets innovants créateurs d’emplois, un entrepreneur pourra trouver des interlocuteurs attentifs dans les conseils régionaux et les CCI.

Parmi les dispositifs d’aide pour les entreprises innovantes, la base de données « aides entreprises » recense à travers son site Internet aides-entreprises.fr. Elle permet de rechercher l’ensemble des aides possibles selon de nombreux critères (position géographique, situation de l’entreprise, projet, taille de l’entreprise, etc.). La mise en place du compte PME innovation (CPI) vise à encourager le financement des entreprises innovantes par les « business angels ». Des mesures fiscales et sociales concernant les entreprises répondant aux critères du statut de jeune entreprise innovante (JEI) sont prolongées jusqu’au 31 décembre 2019. Le statut « Jeune Entreprise Innovante » permet aux PME de moins de 8 ans (ou start-up) de bénéficier d’exonérations fiscales (impôt sur les sociétés, Imposition Forfaitaire Annuelle, etc…) et sociales (cotisations patronales Ursaff) pour leurs dépenses de R&D.

La croissance des entreprises passe par celle des fonds d’investissement

Contrairement aux idées reçues, la France dispose d’un actif assez profond avec près de 200 fonds de capital-risque qui la place à égalité avec l’Angleterre et nettement au-dessus de l’Allemagne. Mais, il suffit de se rappeler que rien qu’en France, 15 000 projets innovants voient le jour chaque année pour mesurer la difficulté de convaincre un investisseur. Cette nécessité de proposer aux PME innovantes un financement raisonné tout au long de leur développement a convaincu l’Etat et d’autres organismes publics en France de fournir un effort continu en vue d’accompagner ces fonds afin qu’ils puissent optimiser leurs probabilités de rentabiliser leurs investissements. C’est à cette condition que se créé un cycle vertueux et pérenne d’accroissement des fonds qui investissent dans davantage de start-ups afin de multiplier les opportunités de ROI.

La taille moyenne des fonds d’investissements français était de 80 M€ en 2012, elle est passée à 140 M€ en 2015.

Le montant moyen des tickets de série A (phase d’amorçage) s’établissait autour de 1,5 M€ pour être monté aujourd’hui à 2,5 M€. Le capital-risque français s’accroît d’environ 30% par an depuis quatre années, soit une croissance plus importante qu’en Angleterre et en Allemagne.

Lire l’article « Start-up, explication sur les levées de fonds » : http://obs-commedia.com/actu/start-up-explication-sur-les-levees-de-fonds/

L’offre de fonds disponible étant très inférieure à la demande, les fonds et les business angels sont en position de force d’autant que les projets de qualité ne manquent pas. Le nombre croissant de fonds en réseaux ou individuels et de plateformes de crowdfunding s’accompagne d’une multiplication des conditions d’attribution qui changent selon le stade de maturité de l’entreprise, son secteur d’activité et son business modèle. Il convient dès lors de ne pas tenter de viser la quantité mais la qualité des fonds en se renseignant sur leurs objectifs propres et la nature des tickets qu’ils recherchent.

Quant aux banques,  elles n’ont appris que récemment à parler le même langage que les start-ups, d’autant que leur politique de risque s’accommodait mal d’une politique d’investissement dans des structures sans garantie de retour sur investissement. Cependant, les établissements bancaires sont conscients de cette manne que représentent l’écosystème de l’innovation, aussi ils mettent en place des interlocuteurs dédiés et des produits davantage adaptés aux contraintes des entrepreneurs.

L’importance du réseau

Il est coutume de dire que si obtenir une aide peut être aussi simple que de tirer un fil,  posséder un bon réseau permet de multiplier les fils. Les réseaux sociaux, les clubs d’anciens élèves, les notables, les élus locaux, les présidents d’associations professionnelles, les chercheurs en lien avec des grands groupes, les think tanks et les publicitaires sont des points de contact susceptibles de créer des synergies et d’obtenir des contacts utiles à des financements. Certains grand groupes l’ont bien compris et constituent des structures, par exemple des incubateurs, capables de porter des projets avec des start-ups de façon plus agiles.

Le financement est le moyen, pas le but

Rechercher des financements et convaincre ses interlocuteurs peut devenir très chronophage au détriment de l’activité même de l’entreprise. Un entrepreneur ne doit jamais oublier que c’est la solution innovante de sa société, créatrice de valeur, qui prime et que le succès appelant le succès, il ne doit jamais passer au second plan ses objectifs de développement et la recherche de ses premiers clients. Le développement du chiffre d’affaires constitue le meilleur ambassadeur auprès des investisseurs.

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